Psychologue de formation, j’aime observer les gens dans la vie de tous les jours, analyser l’évolution de nos sociétés, des moeurs.
Individualisme = égocentrisme?
Il me semble que l’Occident est devenu tellement individualiste, tellement centré sur les besoins personnels que beaucoup sont prêts à tout pour obtenir ce qu’ils désirent. Penser à soi est devenu plus important que de s’occuper des autres, même de notre entourage proche. On a tant mis l’accent sur la réussite quel qu’en soit le prix, qu’il nous faut absolument tout faire pour posséder ce qui est synonyme de succès, quitte à écraser les autres et finalement à s’épuiser soi-même. On est même prêt à se mentir à soi-même.
Pour permettre aux individus d’atteindre leur but et de faire comme bon leur semble, nos sociétés occidentales ont mis en place un certain nombre de services censés faciliter cette quête du moi d’abord. Parmi celles-ci, le planning familial, les crèches, les maisons de retraite, etc.
Prévention ou action?
Ne vous méprenez pas; je ne suis pas contre ces services mais contre l’abus qu’on en fait. Le planning familial a été révolutionnaire lorsqu’il a été créé. Il a fait un excellent travail de prévention, d’information et a permis le contrôle des grossesses.
A l’heure actuelle, dans certains pays occidentaux, il ne semble plus prévenir ou informer, mais plutôt inciter à l’avortement. Or, de plus en plus d’études montrent que les séquelles d’un avortement sur la santé mentale (et physique) des femmes sont réelles. Même si cette solution paraît être la bonne et soulage sur le moment, elle génère des troubles sur le long terme. Rares sont celles qui osent exprimer leur désespoir puisqu’on leur a fait comprendre que ce geste était banal.
Mon corps, mon choix. Vraiment?
Dans beaucoup de pays, les hommes, en votant pour l’avortement, ont remis toute la responsabilité de la décision aux femmes. Ton corps c’est ton corps, fais ce que tu veux, « je m’en lave les mains ». Les conséquences qui découlent de cette décisions sont violentes pour les femmes. Premièrement, elles subissent un acte agressif contre leur corps et ce qu’il est censé protéger. Deuxièmement, elles portent la responsabilité de leur choix, choix qu’elles doivent assumer bravement. Il est en effet mal vu de faire preuve de regret, ce serait contraire à la propagande en vigueur.
Une autre conséquence de l’IVG: on commence à peine à parler du traumatisme des fausses-couches. On a tellement pris soin de déshumaniser le bébé à naître en l’appelant embryon, foetus ou autre, (tout sauf bébé), que l’on considère que la perte d’un enfant avant sa naissance n’est pas si grave.
La perte, un tabou
Or, à nouveau, peu de femmes osent dire leur désarroi, leur tristesse ou la dépression qui s’en suit puisqu’on a voulu à banaliser la perte. « Tu n’as qu’à réessayer dans trois mois, ce n’est pas un drame». OK. Mais si mon timing est compliqué parce que j’ai un travail, des objectifs à atteindre et un loyer à payer? Comment puis-je prendre le temps de faire le deuil, de me remettre physiquement et émotionnellement? Comment puis-je réessayer dans la confiance, sans avoir peur que la tentative d’enfant échoue à nouveau?
En traitant la mort comme un tabou on a, dans la foulée, nié toutes les émotions qui s’y rapportent et oublié qu’on ne peut pas faire comme si elle n’était pas réelle.
Péri… pour ne pas faire face
Lorsqu’elle est « périnatale » – terme très en vogue en ce moment dans le monde pour justifier le meurtre de milliers de bébés – on pense, à tort, que si l’on fait comme si elle n’existait pas, elle va magiquement disparaître et n’avoir aucune conséquence ou emprise sur notre vie. Quel non sens!
La mort, qu’elle survienne avant ou après la naissance est une perte. Et toute perte a, consciemment ou inconsciemment, un impact sur notre être, âme, corps et esprit. Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que la souffrance n’existe pas. Ou la tristesse. Ou la déception. Ou le regret. Ou les rêves. Ou le vide. Ou la dépression des années plus tard. Pourquoi ne peut-on pas reconnaître le traumatisme? La société, tout en faisant comme si ce n’était rien, se sent-elle à ce point coupable que personne n’ose en parler? Pourquoi méprise-t-on les femmes qui émettent un regret ou une culpabilité après un avortement? Ou les femmes qui pleurent leur enfant mort avant de naître? Et les hommes? Ont-il seulement le droit de s’exprimer?
Une société peut-elle perdurer si elle ne traite plus la vie et la mort avec respect? La créature a-t-elle tellement oublié son Créateur qu’elle pense pouvoir jouer avec une dimension qui la dépasse complètement?
C’est toi qui as créé ma conscience, c’est toi qui m’as tissé dans le ventre de ma mère. Seigneur, je te dis merci parce que tu m’as créé. Oui, mon corps est étonnant et très beau.
Ce que tu fais est magnifique, je le reconnais. Quand tu me formais dans le secret, quand tu me brodais dans la profondeur de la terre,tu voyais tout, rien n’était caché pour toi.
J’étais à peine formé, tu me voyais déjà !
Psaume 139, v. 13-16 PdV
