J’aborde un sujet sensible et d’actualité, mais comme je suis maman, psychologue et enseignante, je me lance. Je ne traite ici que superficiellement du sujet, je reviendrai bientôt avec des articles plus approfondis sur le choix, les limites et l’apprentissage de la responsabilité.
En ce moment, tant sur les réseaux sociaux que dans ma pratique, l’éducation bienveillante est sur toutes les lèvres. Tout le monde la loue, au point qu’un parent qui ose mettre des limites à ses enfants passe presque pour un tortionnaire. La promotion de la bienveillance tout azimut semble prohiber l’apprentissage de la responsabilité chez l’enfant. Au point qu’on a tendance aujourd’hui à confondre bienveillance et laxisme. J’ai même parfois l’impression d’être de retour en mai 68, les bien-pensants scandant le slogan « il est interdit d’interdire »! Même si, dans « éducation bienveillante », il y a « éducation », on dirait qu’on l’a un peu oubliée pour ne mettre en avant que la bienveillance.
De l’importance d’écouter
Et c’est pour moi là que se situe tout le problème. Bien sûr qu’il est important que nous parents apprennions à écouter nos enfants et que nous tenions compte de leurs émotions. Je me réjouis de voir de plus en plus de parents à l’écoute de leurs enfants. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’éducation. Il faut retrouver un juste équilibre entre bienveillance et éducation. Il semble que beaucoup, en voulant pratiquer la bienveillance, évitent de confronter leurs enfants à la frustration. Or la frustration est importante dans la construction de l’enfant. Etre empathique envers son enfant ne signifie pas qu’on doit le laisser faire n’importe quoi ou céder à toutes ses demandes.
Veiller au bien de l’enfant
L’éducation bienveillante devrait signifier éduquer son enfant en veillant à son bien. Et un parent se doit de prendre soin de son enfant de manière holistique (corps, âme et esprit). Il doit l’accompagner dans ses découvertes et ses expériences afin de l’aider à grandir dans un environnement sain et épanouissant.
Il est important qu’en tant que parents on soit des tuteurs pour nos enfants dans le sens botanique du terme, c’est-à-dire qu’on les aide à grandir, à aller vers la lumière, sans détour. Un enfant a besoin de limites, d’un filet de sécurité. S’il monte sur la table, il vaut mieux lui apprendre que c’est dangereux et qu’il risque de se faire mal s’il tombe, plutôt que de le laisser faire. On a en effet un devoir de protection qui implique de parler des conséquences qui découlent d’un comportement inadéquat.
De l’importance d’apprendre à faire des choix
De même, s’il est bon et important que nos enfants apprennent à choisir, cela ne doit pas se faire n’importe comment. Notre monde moderne offre une multitude de choix, à tel point qu’il devient difficile de choisir, ce qui génère de l’anxiété. De plus, un enfant ne sait pas ce qui est bon pour lui, il ne peut donc pas faire des choix éclairés. Pour lui apprendre à choisir, le parent pourra proposer des choix simples à l’enfant selon son âge: à deux ans, un enfant peut décider de la paire de chaussettes qu’il désire porter, cela n’aura pas d’incidence sur sa santé ou sa sécurité. Par contre il ne peut pas choisir de manger des chips toute la journée ou de se coucher à 23h.
Je reviendrai sur ces thèmes plus en détail bientôt. En conclusion de ce court billet, je dirais que si ce sujet divise, c’est qu’il est souvent mal compris dans une société qui manque de repères. L’éducation, si elle se veut bienveillante, devrait être dispensée avec amour et bon sens.
